Le onzième Panchen Lama - Gendun Choekyi Nyima (1989....)



Bref historique des Panchen Lamas

La lignée des Panchen Lamas est une lignée de réincarnation importante dans l'histoire du Tibet. Le Panchen Lama est en effet le deuxième plus haut chef spirituel du bouddhisme tibétain Guélougpa (école dite des bonnets jaunes). Il se situe juste après le Dalaï Lama dans ce système hiérarchique. Il reçut le titre de Panchen de Bodong Choklay Namgyel après qu'il eut répondu avec succès à toutes les questions du sage. L'origine du mot Panchen est la combinaison de deux mots Pandita, qui signifie « érudit » en sanscrit et Tchènpo, qui signifie "grand" en tibétain. Panchen se traduit donc par « grand érudit ». Lama signifie «Maître Spirituel». Le Panchen Lama est considéré comme une émanation du Bouddha Amitabha (Bouddha de lumière infinie).

Vers la fin du 13e et le début du 14e siècle, Tsongkhapa Lobsang Drakpa a fondé une tradition bouddhiste appelée Guélougpa. Vers 1445, un étudiant et neveu de Tsongkhapa, Gendun Droup (1391-1475), a construit un grand monastère, le Tashilhunpo, à l'ouest de Lhassa, à Shigatsé. Gendun Droup fut rétroactivement appelé le 1er Dalaï Lama quand la 3e incarnation dans sa lignée, Sonam Gyatso (1543-1588), a reçu le titre de Dalaï de son chef et disciple mongol Altan Khan en 1578. Gendun Droup a également reçu le titre de Panchen d'un contemporain tibétain érudit, Bodong Choklay Namgyel, après qu'il eut répondu à toutes ses questions. Les abbés successifs du monastère de Tashilhunpo furent tous appelés «Panchen». Puis, au 17e siècle, le 5e Dalaï Lama, Ngawang Lobsang Gyatso (1617-1682), a donné le monastère de Tashilhunpo à son professeur, Lobsang Cheukyi Gyalsten, 15e abbé du monastère. Comme abbé du monastère, il était appelé Panchen, mais il reçu le titre distinctif de «Panchen Lama» quand le 5e Dalaï Lama annonça à la mort de son professeur que son professeur réapparaîtrait comme enfant-successeur reconnaissable. Le titre de «Panchen Lama» a également été appliqué rétroactivement aux 2 incarnations précédentes de son professeur bien qu'ils n'aient pas appartenu au monastère de Tashilhunpo, et la nouvelle incarnation est devenue ainsi le 4e Panchen Lama. Depuis lors, il est devenu conventionnel que le Dalaï Lama et le Panchen Lama soit impliqués dans l'identification du successeur de l'autre...

Les 10 premiers Panchen Lamas

  1. Le premier Panchen Lama Kédroup Djé (1385–1438)
  2. Le deuxième Panchen Lama Seunam Choklang (1438–1505)
  3. Le troisième Panchen Lama Ensapa Lobsang Deundroup (1505–1568)
  4. Le quatrième Panchen Lama Lobsang Choekyi Gyalsten (1570–1662)
  5. Le cinquième Panchen Lama Lobsang Yéshé (1663–1737)
  6. Le sixième Panchen Lama Lobsang Palden Yéshé (1738–1780)
  7. Le septième Panchen Lama Palden Tenpaï Nyima (1782–1853)
  8. Le Huitième Panchen Lama Tenpaï Wangchouk (1855–1882)
  9. Le neuvième Panchen Lama Thubtèn Choekyi Nyima (1883–1937)
  10. Le dixième Panchen Lama Lobsang Trinley Lhündrub Choekyi Gyaltsen (1938–1989)

Le onzième Panchen Lama Gendun Choekyi Nyima (1989......)

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Le plus Jeune Prisonnier Politique du Monde

Gendun Choekyi Nyima, fils de Konchok Phuntsog et de Dechen Chodon, est né le 25 Avril 1989 dans le district Lhari de Nagshu, au Tibet . Vif et intelligent, il est doué d'un esprit délié. Son comportement est posé et sérieux et son discours est franc et direct. Il fut capable de parler très jeune, et dit "Je suis le Panchen, mon monastère est celui de Tashilhunpo. Je siège sur un trône élevé." A l'âge de six ans, il fut proclamé comme étant la vraie réincarnation du précèdent 10ème Panchen Lama, le deuxième dirigeant spirituel le plus élevé du Tibet et il fut nommé "Tenzin Gendun Yeshe Trinley Puntso Pal Sangpo" par Sa Sainteté le Dalaï Lama. Cependant, comme ses compatriotes tibétains, il est aussi devenu une victime de la brutalité de la Chine. A ce jour on ignore où Gendun Choekyi Nyima se trouve et quel est son état de santé. Il aura dix neuf ans le 25 Avril 2008. Il demeure le plus jeune prisonnier politique du monde.

La Disparition du Panchen Lama

Cliquez pour agrandir l'imageIl s'est écoulé maintenant plus de deux ans et demi depuis le 14 Mai 1995, date à laquelle le Dalaï Lama a officiellement proclamé Gendun Choekyi Nyima comme étant le 11ème Panchen Lama. Peu de jours après la proclamation, le 17 Mai 1995, le petit garçon de six ans et ses parents disparurent de leur maison, emmenés en garde à vue par la police chinoise.

La tradition spirituelle tibétaine veut que le Panchen Lama reçoive au monastère de Tashi Lhunpo des soins pour son bien-être , l'instruction et une éducation religieuse adéquate. Cependant, Gendun Choekyi Nyima est toujours gardé en détention dans des conditions de secret absolu.

Malgré les appels répétés du Gouvernement Tibétain en Exil, d'autres gouvernements affectés, et d'organisations internationales, la Chine a refusé de fournir des informations sur le lieu de détention de Gendun Choekyi Nyima ou d'autoriser un observateur indépendant à le voir, lui et ses parents et à confirmer qu'ils se portent bien. En fait, les autorités chinoises ont complètement nié sa détention durant les douze premiers mois.

La Chine n'a finalement admis qu'elle détenait le petit garçon et ses parents que le 28 Mai 1996. L'information vint en réponse à une enquête rigoureuse et de longue durée faite par le comité des Nations Unies pour les Droits de l'Enfant, le corps de contrôle de la Convention des Droits de l'Enfant dont la R.P de Chine est un état-membre. Xinhua (l'agence d'information officielle de la Chine) a signalé que le représentant permanent de la RPC à l'O.N.U à Genève, M. Wu Jianmin, a déclaré: "Il a été placé sous la protection du Gouvernement à la demande de ses parents."

Selon M.Jianmin, "Le garçon courait le risque d'être kidnappé par des séparatistes et sa sécurité était menacée." En conséquence, malgré son désaveu de l'autorité du Dalaï Lama dans sa nomination du Panchen Lama et son refus de reconnaître Gendun Choekyi Nyima comme étant la vraie réincarnation, le gouvernement chinois a néanmoins justifié la détention de l'enfant sur la base "d'inquiétudes". La raison pour laquelle les autorités chinoises iraient jusqu'à de telles extrémités pour assurer la "sécurité" d'un enfant qu'ils ne considèrent en aucune manière extraordinaire est discutable. Les dirigeants chinois comprennent que six millions de Tibétains y compris les bouddhistes du monde entier ne reconnaissent aucune réincarnation du Panchen Lama sauf Gendun Choekyi Nyima reconnu par le Dalaï Lama.

La sécurité et l'avenir de Gendun Choekyi Nyima est un sérieux sujet de craintes. Sa disparition éveille des inquiétudes car cela représente une transgression flagrante des droits humains de l'enfant.

Désignation Illégitime par la Chine de son Propre Panchen Lama

Le Panchen Lama Chinois en compagnie d'un officiel du Parti Communiste

Condamnant la proclamation faite par le Dalaï Lama et ignorant les conventions historiques concernant la reconnaissance des réincarnations, le 25 Novembre 1995, les autorités chinoises firent un tirage au sort dans une urne d'or pour choisir leur propre "Panchen Lama". Gyaltsen Norbu, âgé de six ans fut choisi et en conséquence intronisé le 8 Décembre 1995, déclenchant des protestations massives dans tout le Tibet. Selon des sources à Pékin, Gyaltsen Norbu ne rendit visite au Tibet qu'en de brèves occasions. "Il fut reçu de façon très mitigée" dit une source, "et maintenant, ils estiment qu'il est préférable de le garder ici [Pékin]".


Alors que la Chine a pendant longtemps dénoncé le Bouddhisme tibétain et son système de réincarnations comme étant "féodal" et "réactionnaire", le régime athée semble plus que désireux d'abandonner sa position antireligieuse virulente dans le cas du Panchen Lama. La Chine a supprimé toutes les coutumes de recherches de réincarnations. En conséquence, la plupart des monastères du Tibet est laissée sans remplacement de leur plus importantes figures religieuses. Cependant, dans le cas du Panchen Lama, les dirigeants du Parti Communiste autorisèrent la recherche de sa réincarnation dans l'intention de conserver un contrôle ferme sur les affaires religieuses du peuple tibétain assujetti. En désignant leur propre choix du Panchen Lama, la Chine a politisé les questions purement religieuses. Le geste de la Chine sacrant un nouveau Panchen Lama a révélé son désir de consolider et d'étendre sa maîtrise sur les affaires temporelles et religieuses des Tibétains.

Arrestation des Partisans du Panchen Lama

Cliquez pour agrandir l'imageLa Chine a annoncé que l'action du Dalaï Lama "rencontra une forte opposition venant des cercles bouddhistes tibétains." Cependant ils semblaient avoir peu de foi dans leurs propres paroles. Peu après la proclamation faite par le Dalaï Lama, des militaires chinois furent envoyés au monastère de Tashi Lhunpo, et des séries d'arrestations furent menées en parallèle avec la question de la réincarnation.

Aujourd'hui dans les monastères du Tibet, des équipes de travail chinoises forcent les moines et les nonnes à dénoncer le Panchen Lama choisi par le Dalaï Lama et interdisent sa photographie.

Les Tibétains qui démontrèrent leur loyauté à Gendun Choekyi Nyima furent expulsés de leur monastère, arrêtés et emprisonnés. La Chine fait de son mieux pour s'assurer que le monde oublie bien l'existence de ce garçon hors du commun.

En Septembre 1995, le groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire soumit 48 cas de détentions dues à leur rôle dans l'affaire du Panchen Lama, dont le cas de Chadrel Rinpotché, à la RPC. La réponse, finalement reçue en Mai 1996, affirmait que la Chine avait "scrupuleusement adhéré à l'opinion du peuple tibétain et aux rites du bouddhisme tibétain dans leur choix du Panchen Lama".

Chadrel Rinpotché, supérieur du monastère de Tashi Lhunpo -le siège traditionnel du Panchen Lama- fut désigné comme directeur du Comité de Recherche de la Chine pour la réincarnation du 10ème Panchen Lama en Août 1989. Il irrita les autorités chinoises en 1995 quand il rejeta le projet de la Chine visant à choisir leur propre Panchen Lama et en soutenant la proclamation faite par le Dalaï Lama du réincarné le 14 Mai 1995. Il est signalé qu'il fut arrêté le 17 ou 18 Mai et assigné à domicile sous le chef de présomption d'avoir communiqué avec le Dalaï Lama en exil au sujet de la réincarnation.

En ce qui concerne Chadrel Rinpotché, la RPC a affirmé que, après avoir quitté Pékin mi-mai 1995 pour rentrer au Tibet, il est "soudainement tombé malade et a dû être hospitalisé. Considérant l'état fragile de sa santé, le Comité de Direction du Monastère de Tashi Lhunpo a préféré le relever de ses fonctions d'administrateur. Il est à l'heure actuelle sous soins médicaux."


Le 22 Mai 1996, on retira Chadrel Rinpotché du sixième Comité Consultatif Politique du Peuple Chinois du "RAT" (Région Autonome du Tibet) (CPPCC) et on l'écarta de son poste de Vice-Président parce qu'il "était allé à l'encontre de la position fondamentale de la nation et avait perdu sa direction politique". Le 21 Avril 1997, presque deux ans après sa disparition, le vieil homme âgé de 58 ans fut condamné à six ans d'incarcération et trois ans de privation de droits politiques pour avoir "conspiré pour diviser la mère-patrie" et "divulgué des secrets d'état" par la Cour Populaire de la Préfecture de Shigatse dans la "Région Autonome du Tibet". Selon les autorités chinoises, il "a avoué" ces accusations et a refusé toute représentation légale. Puisque le cas impliquait des "secrets d'état", le procès de Chadrel Rinpotché fut interdit au public.


On ignora où se trouvait Chadrel Rinpotché jusqu'en Septembre 1997 où il fut signalé qu'il était détenu dans une enceinte secrète dans la Prison No.3 de Chuandong dans l'Est du Sichuan. On pense qu'il se trouve dans la même cellule que Hu Feng, un intellectuel communiste libéral emprisonné par Mao Tsetung depuis 20 ans dans le secret absolu.

Il est rapporté que Chadrel Rinpotché fut emmené dans une enceinte top-secrète, où même les fonctionnaires supérieurs de la prison ne peuvent entrer, fin Avril ou début Mai cette année. Seules trois personnes sont autorisées à pénétrer à l'intérieur: deux commissaires dépendant directement du Ministère de la Justice de Beijing et un prisonnier qui fait office de cuisinier et de garde de Chadrel Rinpotché et qui ne peut jamais sortir. Il est signalé que Chadrel Rinpotché, toujours désigné par un nom de code, ne peut avoir aucun contact avec l'extérieur et n'est pas autorisé à quitter sa cellule pour prendre un peu d'exercice. Il a commencé une grève de la faim en Juillet dernier et on ne sait pas s'il s'est résigné à manger. Selon des sources, sa santé est très faible.

Deux autres Tibétains impliqués dans la controverse sur la réincarnation furent condamnés le même jour. Champa Chungla, Secrétaire du Comité de Recherche, fut accusé de divulgation de secrets d'état et de conspiration visant à diviser le pays et fut condamné à quatre ans d'incarcération et deux ans de privation de droits politiques. Samdroup, un homme d'affaires, fut accusé de conspiration visant à diviser le pays et fut condamné à une peine de deux ans de prison et à la privation des droits politiques durant une année.

Le 15 Mars 1996, quatre moines étudiants: Damchoe Gyatso (27 ans), Jigme Tendar (29 ans), Phuntsog (25 ans) et Damchoe Kalden (31 ans) furent emmenés hors du monastère de Koumboum et on ignore où ils se trouvent. Ils furent accusés d'avoir réaliser des posters et des tracts condamnant l'intervention de la Chine dans la recherche du nouveau Panchen Lama.

Les moines du monastère de Tashi Lhunpo ne sont toujours pas libérés du harcèlement effectués par les fonctionnaires chinois. Une stricte vigilance est observée sur l'administration toute entière du Monastère. L'administration actuelle du monastère est contrôlée par le Département Religieux du Shigatse. Ce département désigne le comité de direction du monastère avec l'approbation des autorités chinoises du Shigatse. Les moines n'ont aucun mot à dire quant à l'administration du monastère.

Phuntsok, le directeur député du comité de direction démocratique du monastère est détenu depuis Juillet 1995. Tendor, un moine du sous-monastère de Gyupa, une branche du monastère de Tashi Lhunpo fut arrêté dans la nuit du 13 Juillet 1995. Il est maintenant tenu au secret dans la prison de Ngari dans le Shigatse. Gyatrul Jampa Tenzin, Président du Comité Disciplinaire Démocratique du Monastère fut arrêté lui aussi et emmené en prison la nuit du 13 Juillet 1995, il fut battu aveuglément alors qu'il était emmené en prison. Il fut gardé dans une cellule à l'écart où personne n'était autorisé à entrer en contact avec lui. Il est physiquement traumatisé à vie suite à la série de tortures qui lui a été infligée. Après sa libération de prison le 7 Mars 1997, il a été renvoyé du monastère, avec un délai de trois heures pour rassembler ses biens. Il vit maintenant dans sa ville natale, Lhatse.

Le secrétaire personnel du précèdent Panchen Lama, Ven. Thupten Kalsang fut renvoyé du monastère après avoir été incarcéré une année. Il vit maintenant dans la région du Shigatse. Il existe beaucoup d'autres cas similaires d'incarcérations suivies par une expulsion du monastère: Lobsang Tsultrim (16 ans), Gendun (25 ans), Sonam Puntsok (27 ans), Lhakpa Tsering (17 ans), Chemi Tsering (28 ans), Tseshon Chungdak (24 ans), Lobsang Gyatso (21 ans), Tsering Gonpo (27 ans) et Gelong (21 ans). Ils furent tous renvoyés du monastère après acquittement d'une amende de 3500 à 4700 yuans chacun. Ils ne sont maintenant plus autorisés à porter l'habit traditionnel des moines.

Incapable de vivre sous une telle domination, Penpa, l'intendant personnel du précédant Panchen Lama est mort d'un arrêt du coeur. Il ne pouvait pas supporter que soient infligées de telles atrocités aux moines.

Mi-Avril 1997, Ngagchen Lobsang Chodak, le supérieur du monastère de Sangshen Gyudpa, un sous-monastère de Tashi Lhunpo, fut renvoyé du monastère. A la suite de son renvoi, il fut gardé dans la maison du précédent Panchen Lama à Shigatse sous la stricte surveillance du Bureau de la Sécurité Publique où on lui interdit tout contact avec le public. Nganchen Lobsang Chodak est maintenant âgé de 67 ans.

Gyatrul Jampel Tenzin, Nganchen Lobsang Chodak, Phuntsok et Thupten Kalsang sont parmi les 8 membres chinois désignés du comité de recherche dirigé par Chardral Rinpotché.

A l'heure actuelle, neuf membres l'équipe de travail sont toujours dans le monastère. Ils dirigent des séances d'éducation le mardi et le vendredi et des classes divisant les moines en quatre ou cinq groupes différents de 16 heures à 19H30 . Durant ces séances, on ordonne aux moines de s'opposer au Dalaï Lama et à la réincarnation du Panchen Lama reconnue par le Dalaï Lama. En plus de ces séances normales, les moines peuvent être convoqués à l'impromptu pour une réunion générale. De telles séances sont extrêmement perturbantes et nuisibles à leurs études religieuses générales.

A ce jour, plus de 80 personnes ont été arrêtées à la suite de l'affaire de la réincarnation du Panchen Lama. Les autorités chinoises ont instauré des couvre-feux dans la majorité des villes tibétaines.

Historique du 11ème Panchen Lama

Cliquez pour agrandir l'imageL'histoire du Panchen Lama n'est pas nouvelle. La lignée peut être remontée jusqu'au 14ème siècle, cependant le problème lié au Panchen Lama n'a attiré l'attention générale que depuis récemment. Jusqu'à maintenant, la sélection de chaque réincarnation ne concernait que le peuple tibétain et impliquait des rituels religieux traditionnels. L'extraordinaire connexion qui existait entre le Dalaï Lama et le Panchen Lama était fondamentale au processus de sélection.

La relation maître-disciple déterminait leurs relations quotidiennes et nécessitait l'implication de chacun dans le processus de réincarnation de l'autre.

Le titre "Panchen", signifiant "le grand érudit", est dérivé de la combinaison du mot sanskrit "Pandita"-signifiant érudit- et du mot tibétain "Tchènpo"-signifiant grand. Il existait une association limitée entre la Chine et l'histoire du Panchen Lama car le titre d'Erdini fut offert par le Gouvernement Central de la Dynastie des Qing au cinquième Panchen Lama, Lobsang Yeshi. De la même manière, des lamas tibétains conférèrent de nombreux titres aux dirigeants de la Chine et des autres nations voisines. Cette tradition d'échange de titres sous la forme d'un certificat ou d'un sceau était répandue en Asie Centrale à cette époque et ne donnait aucun contrôle sur l'autorité de l'autre. Le titre d'"Erdini"-en fait un mot mongole signifiant "joyaux précieux- était aussi partagé par beaucoup d'autres lamas mongols.

Selon les traditions bouddhistes tibétaines, le comité de recherche clérical est guidé par des songes. Des présages, des oracles et des visions prophétiques aident à retrouver l'enfant dans lequel la conscience du défunt a repris naissance. Le système de tirage au sort est seulement une partie de la procédure entreprise pour sélectionner les lamas réincarnés dans la tradition tibétaine ancienne et on n'y a recours que lorsque tous les candidats sont pareillement prometteurs et donc rendant difficile une conclusion définitive.

La méthode tibétaine nécessite l'inscription des noms des candidats sur des boules de pâte qui sont alors mélangées dans un récipient jusqu'à ce qu'une en jaillisse. En 1792, l'empereur mandchou proposa l'usage d'une urne en or pour la sélection des réincarnations des lamas les plus importants. L'urne fut présentée au Tibet avec le commentaire "Que les Tibétains décident eux-mêmes ce qui leur est le plus favorable et ce qui ne l'est pas et qu'ils fassent leur propre choix."

Les Tibétains continuèrent à adhérer à leurs propres usages traditionnels et n'utilisèrent que rarement l'urne. Lors de la première occasion pour laquelle l'urne semble avoir été utilisée, la sélection du 9ème Dalaï Lama en 1808, on n'en fit que peu de cas, des six Dalaï Lamas sélectionnés depuis, l'urne n'a été utilisée que pour confirmer trois d'entre eux. L'urne n'a pas été utilisé pour sélectionner l'actuel 14ème Dalaï Lama.

Tout au cours de sa vie, le 10ème Panchen Lama fut constamment déchiré entre ses sentiments pour ses compatriotes tibétains et l'immense pression faite par la Chine. Quand, en 1962, le Panchen Lama soumis à Mao Zedong une pétition de 70 000 signatures critiquant la politique du Gouvernement Chinois, les autorités chinoises réalisèrent que leur coercition avait échoué.

Le Panchen Lama devint immédiatement une victime d'une campagne malveillante qui avait conduit à son arrestation, à son "thamzing" (une séance d'accusation et d'humiliation publique) et à son incarcération jusqu'en Octobre 1977 dans la prison Qin Cheng à Pékin . Wei Jingsheng, le plus célèbre dissident chinois, fit un compte-rendu des conditions détestables régnant dans la prison qui, à l'époque, conduisirent le Panchen Lama à une tentative de suicide en refusant toute nourriture. Pendant toutes les années durant lesquelles il fut emprisonné, aucune information sur sa condition ou sa localisation ne furent données. Au Tibet, personne ne savait s'il était mort ou vivant jusqu'au 26 Février 1978, quand la Nouvelle Agence d'Information Chinoise signala son apparition durant la cinquième réunion de Conférence Consultative Politique Chinoise du Comité National (CPCC) à Pékin.

En 1980, le 10ème Panchen fut rétabli dans ses fonctions de Vice-Président du Congrès National du Peuple. A plusieurs occasions par la suite, il exprima son désir de retourner parmi son peuple et sa patrie devant des foules de Tibétains. En parlant à un rassemblement durant le festival Monlam à Lhassa en 1985, le Panchen Lama dit: "Sa Sainteté le Dalaï Lama et moi sommes des amis spirituels. Il n'y a aucune différence entre Sa Sainteté le Dalaï Lama et moi. Des gens essayent de créer une discorde entre nous. Cela ne réussira pas."

A Pékin, en Mars 1987 au Congrès Populaire National de la Réunion Permanente du RAT, le Panchen Lama critiqua ouvertement la politique du Gouvernement Chinois au Tibet en ce qui concerne l'éducation, le développement économique, le transfert de population et le traitement discriminatoire des Tibétains. Le 26 Janvier 1989, à Shigatse il condamna une fois encore l'autorité chinoise au Tibet, déclarant qu'elle avaient apporté plus de destruction que de bienfait au peuple tibétain. Quatre jours seulement après avoir fait ce discours anti-chinois historique, la mort mystérieuse et inattendue du Panchen Lama fut à l'origine de grandes suppositions. On se souvient de lui depuis comme un Lama incompris dans l'histoire du Tibet et l'un des plus courageux critiques au cours du régime de Mao.

A la Recherche du 11ème Panchen Lama

Cliquez pour agrandir l'imageQuand l'Administration Tibétaine appris le décès du 10ème Panchen Lama, des actions furent immédiatement entreprises pour rechercher sa réincarnation. Environ trente noms de réincarnations probables furent reçus de l'intérieur et de l'extérieur du Tibet. En 1991, le troisième jour de l'année du Mouton de Fer, une divination révéla que la réincarnation du Panchen Lama était née au Tibet.

Depuis 1991, le Dalaï Lama fit des appels répétés aux autorités chinoises pour être autorisé à jouer un rôle dans la recherche de la réincarnation. En Octobre 1995, le Dalaï Lama écrit dans une lettre à Jiang Zemin, "J'ai la responsabilité d'honorer et de soutenir l'unique relation historique entre les Dalaï Lamas et les Panchen Lamas. Par exemple, dans mon propre cas, je suis grandement et personnellement redevable au 9ème Panchen Lama, qui pris un intérêt particulier dans la recherche du 13ème Dalaï Lama."

Le 11 Août 1991, une divination révéla qu'un certain enfant né au Tibet que l'on croyait communément être le Panchen Lama n'était pas l'authentique réincarnation. En 1993, le troisième jour de l'année tibétaine de l'Oiseau Aquatique, une autre divination fut accomplie qui indiquait que l'époque n'était pas propice à inaugurer et à finir le processus de reconnaissance.

Une pétition du 17 Juillet 1993 fut reçue par la filière officielle en passant par Pékin de Chardrel Rinpotché, venant du monastère de Lhunpo et dirigeant du comité de recherche désigné par les Chinois . Il déclara que, en parallèle avec la recherche de la réincarnation, deux visites avaient déjà été faites pour observer des signes sur le lac sacré de Lhamo Lathso et une à Rinpung Chamsring Yung Tso en plus de certaines autres investigations religieuses. Celles-ci indiquaient que le 11ème Panchen Lama était déjà né et que la recherche de la réincarnation devait être menée en direction de l'est du monastère de Tashi Lhunpo et parmi les enfants nés durant l'année tibétaine du serpent, du cheval, et du mouton.

En 1994, le troisième jour de l'année du Chien de Bois, une autre divination fut accomplie pour établir si l'époque était propice à inaugurer et finir le processus de reconnaissance. L'indication était négative.

En 1994, le trentième jour du premier mois du calendrier tibétain lunaire, l'oracle de Nechung proclama, "Mon maître, l'éloquent clairvoyant, continue de rechercher la réincarnation. Si tous les Tibétains sont fermement unis dans la solidarité, une réincarnation indubitable sera certainement bientôt trouvée au Tibet."; Cette prophétie fut confirmée le même jour par l'oracle de Tsangpa. Le 30 Mars 1994, à la demande du monastère de Tashi Lhunpo en Inde, l'oracle de Tsangpa prophétisa à nouveau, "La réincarnation est née au Tibet et puisque Sa Sainteté examine l'affaire, il n'y a pas de raison de s'inquiéter.".

Le 3 Décembre 1994, une divination fut accomplie pour établir si l'époque était propice à inaugurer et terminer le processus de reconnaissance. Cette fois-ci, le résultat fut affirmatif.

En janvier 1995, au cours d'un enseignement Kalachakra à Mundgog au sud de l'Inde, le Dalaï Lama commença le processus de reconnaissance. Une divination fut accomplie qui révéla que, parmi les candidats potentiels, Gendun Choekyi Nyima, fils de Konchok Phuntsok et de Dechen Chodon du district de Lhari à Nagchu, nord de Lhassa, était un candidat très plausible pour la réincarnation de Panchen Rinpotché.

Le 23 Janvier 1995, à Dharamsala, nord de l'Inde, des offrandes élaborées furent faites devant des objets élevés comme le Kyirong Jowo (une représentation spéciale de Bouddha rapportée du Tibet) et la thangka de Palden Lhamo (la déesse protectrice du Tibet). Des prières spéciales furent aussi accomplies invoquant les noms des précédents Panchen Lamas.

Une divination fut ensuite accomplie pour déterminer si l'enfant sélectionné, Gendun Choekyi Nyima, était bien la réincarnation du Panchen Lama. La divination le confirma.

Pour confirmer le résultat de la divination précédente, une seconde divination fut accomplie. Une fois encore, il fut révélé que la véritable réincarnation avait été trouvée.

Un peu plus tard dans l'année, tôt le trentième jour du troisième mois tibétain, l'oracle de Neshung proclama que, "il n'était pas nécessaire, pour ma part, l'immatériel, de faire ou de dire quoique ce soit de plus. Mon maître, l'éloquent clairvoyant, a déjà examiné l'affaire à travers l'esprit des trois secrets".

Une divination finale fut accomplie le 13 Mai 1995, pour déterminer s'il était approprié de déclarer la reconnaissance du Panchen Lama le quinzième jour du troisième mois (correspondant au 14 Mai 1995) ou si l'on devait le reporter. La divination indiqua qu'il serait préférable de le déclarer le quinzième jour comme proposé.

Donc, le jour le plus favorable, quand Bouddha donna les premiers enseignements Kalachakra, Sa Sainteté le Dalaï Lama proclama officiellement Gendun Choekyi Nyima, âgé de six ans, comme étant la réincarnation du 10ème Panchen Lama.

Inquiétude du TCHRD

http://www.tchrd.org/
Le TCHRD (Centre Tibétain pour les Droits de l'Homme et la Démocratie) est extrêmement inquiet en ce qui concerne la sécurité et l'avenir de Gendun Choekyi Nyima. Malgré les requêtes officielles des NU, aucun délégué n'a été autorisé à rendre visite à Gendun Choekyi Nyima et sa famille pour s'assurer les affirmations de la Chine clamant qu'ils étaient détenus pour leur propre "sécurité". La détention d'un innocent petit garçon en dit long sur leur mépris des Droits de l'Homme fondamentaux et des libertés du peuple tibétain.


Dans notre effort pour attirer l'attention sur la situation critique de Gendun Choekyi Nyima maintenant âgé de huit ans et pour exhorter le dirigeant chinois à sa libération immédiate et sans conditions, le TCHRD a lancé une campagne internationale. Nous demandons à la communauté internationale de faire pression sur les autorités chinoises pour qu'elles libèrent Gendun Choekyi Nyima et assurent sa sécurité et son bien-être.

http://www.swisstools.net/guestbook.asp?numero=111391

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