La Chine affirme avoir amélioré la vie des Tibétains par le biais du programme gouvernemental de "modernisation". La mesure réelle pour juger de la modernité d'une société est de savoir si ceux qui la constituent ont le droit d'exercer librement leur volonté collective, s'ils jouissent des droits démocratiques et disposent de la possibilité d'exercer ces droits. Tels sont les paramètres définissant une société réellement moderne. Malgré la ratification par Pékin de l'ICESCR (Convention internationale sur les droits économiques, sociaux et culturels), les Tibétains continuent de souffrir de sérieuses atteintes à ces droits.
Droit aux Moyens d'Existence
Pékin mène au Tibet une politique économique visant à enrichir le gouvernement chinois et à encourager le transfert de colons chinois dans les villes et les cités du Tibet, tandis que le sort de la grande majorité des Tibétains qui se débattent pour gagner leur vie dans les zones rurales est ignoré. Les disparités croissantes entre Tibétains et colons chinois accroissent les tensions au Tibet. La construction de la ligne de chemin de fer jusqu'au Tibet central, dont le président chinois a reconnu que les raisons sont politiques, ne fera qu'aggraver cette situation.
Droit à l'Education
Des frais de scolarité élevés et l'utilisation croissante du chinois comme langue d'éducation signifient que la plupart des enfants tibétains en zones rurales ne suivent plus l'école après le primaire. En 2001, près de la moitié des réfugiés fuyant le Tibet était des enfants en quête d'éducation. Selon les propres statistiques officielles chinoises, le taux d'analphabétisme parmi les Tibétains de 15 ans était d'environ 60 %, et bien plus dans certaines zones. Depuis quelques années, les autorités chinoises ont réduit l'emploi du tibétain dans l'enseignement et ont annoncé en 1997 que le chinois serait enseigné aux enfants tibétains dès le primaire.
Selon diverses sources, les autorités chinoises imposent aux professeurs, notamment du Département de langues de l'université du Tibet considéré comme un foyer potentiel de dissidence, de suivre des sessions d'éducation politique et de limiter cours et matériel afin de prévenir des activités "séparatistes" politiques et religieuses sur le campus. Nombre de textes tibétains anciens ou religieux sont bannis des programmes pour raisons politiques.
Droit à la Santé
Des études publiées en 2001 indiquent des niveaux inacceptables de malnutrition, de tuberculose et d'autres maladies liées à la pauvreté au Tibet. Des frais élevés et le manque d'équipes médicales tibétaines empêchent les Tibétains d'avoir accès aux soins médicaux. Faute de tests et de programmes d'éducation ou de traitement, s'ajoutant à la politique chinoise de contrôle des naissances qui favorise la stérilisation des femmes plutôt que la promotion de la sécurité des rapports sexuels, le danger potentiel d'une épidémie de sida au Tibet constitue une grave préoccupation.
La malnutrition est largement répandue chez les enfants tibétains, en particulier dans les zones rurales, provoquant des taux élevés de troubles de croissance parmi eux. Des maladies liées à des déficiences nutritionnelles, comme le goitre (suite au manque d'iode), la cécité nocturne (par manque de vitamine A) et le rachitisme semblent être relativement communs parmi les enfants dans certaines zones.
Droit au Logement
Nombre de Tibétains n'ont pas droit à un logement adéquat; dans les zones rurales, ils n'ont même pas accès à des services de base comme l'eau ou l'électricité, tandis que les nouveaux programmes de construction visent à satisfaire les besoins d'une population chinoise croissante et non ceux des Tibétains.
Droit au Travail
Le chômage est élevé parmi les Tibétains, alors que la prostitution fleurit dans les villes et les cités sans aucun contrôle officiel. A Lhassa, la capitale tibétaine, au moins 658 bordels ont été identifiés lors d'une étude réalisée en 1999 par le Tibet Information Network, de Grande-Bretagne.
Aujourd'hui, plus de 10.000 personnes faisant commerce de sexe seraient employées dans la seule ville de Lhassa, bon nombre d'établissements de prostitution appartenant au parti communiste et à l'armée.
Des informations font état de discrimination à l'égard des Tibétains dans certains secteurs de l'emploi urbain. En revanche, les colons chinois jouissent de préférence à l'embauche et sont mieux payés pour le même travail. De surcroît, une bonne connaissance du chinois est demandé pour nombre de postes. D'autres droits des travailleurs, reconnus par l'Organisation internationale du travail, y compris celui de s'organiser et de mener des négociations collectives, n'existent pas au Tibet.
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Nous pensons que donner à la Chine le privilège de recevoir les Jeux Olympiques, alors que son gouvernement est responsable de génocide au Tibet et que les droits humains sont régulièrement violés au sein même de la Chine, va à l'encontre des principes fondateurs des Jeux Olympiques et pourrait s'avérer très dommageable.
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