Au Tibet, les instruction du Vajrayana, dont on dit qu'elles peuvent emmener au complet Eveil durant le temps de la présente vie, sinon dans le bardo, ou dans l'espace de sept vie consécutives, se sont rapidement répandues au travers des différentes « lignées », dont les quatre plus importantes sont connues sous les noms de :
Nyingmapa
Kagyupa
Sakyapa
Guélougpa
Pour une étude du Bouddhisme Tibétain, il est important de connaître un peu les différentes « lignée » des Lamas, ou branches d'enseignement ; une note brève suffira, d'autant que leurs différences ne sont pas doctrinal mais dépendent surtout de l'importance donnée par chacune à certains aspects de l'enseignement du Vajrayana.
Lignée Nyingmapa
Padmasambhava
Cette lignée spirituelle est la plus vieille et la plus proche des traditions anciennes (on la nomme également la lignée des anciens). Cette lignée remonte à Padmasambhava qui fut le premier érudit de l'université de Nalanda en Inde à se rendre au Tibet. C'est lui qui introduisit le bouddhisme au Tibet, où il arriva environ vers 747 après Jésus Christ, quelques années après la conversion au bouddhisme du roi Songsten Gampo. Padmasambhava est vénéré par tous les tibétains sous le nom de Gourou Rinpotché, ce qui veut dire « le Précieux Maître ».
Les Nyingmapas sont d'experts tantristes, mais font des études scolastiques moins poussées sur les Ecritures du Mahayana. Peu de Lamas Nyingmapas prononcent les vœux monastiques, ils portent un vêtement spécial, mais font partie du clergé marié et non des moines (les guélongs).
Lignée Kagyupa
Sa Sainteté le 17ème Karmapa
Il s'agit là de la lignée que je connais le mieux puisque je fais partie de la lignée Changpa Kagyu dont le détenteur actuel est Yangsi Kalou Rinpotché, réincarnation de Kalou Rinpotché. L'approche la plus caractéristique de la lignée Kagyupa est certainement celle des « six Dharma de Naropa » et du Mahamoudra, transmis de manière ininterrompue depuis le Bouddha Vajradhara.
Les Soutras, textes consignant l'enseignement du Hinayana et du Mahayana, tirent leur origine du Bouddha Shakyamouni, le Bouddha historique, tandis que les Tantras, textes qui referment les enseignements du Vajrayana, ont été révélés par le Bouddha Vajradhara (tib. Dordjé Tchang), expression du Dharmakaya (corps absolu). Il ne faut pas comprendre part là que les Bouddhas Shakyamouni et Vajradhara seraient deux personnes différentes. Ils sont deux manifestations d'une essence unique, l'un exposant les Soutras, l'autre apparaissant sous la forme de multiples divinités tantriques (Hévajra, Chakrasamvara et bien d'autres) et donnant les Tantras qui s'y réfèrent. Lorsqu'on utilise le terme Kagyu, on fait allusion à cette origine des Tantras, puisqu'il signifie lignée (tib. gyu) issue de la parole (tib. ka) ; il s'agit d'une transmission directe de Vajradhara.
Au sein de l'école kagyu l'accent est surtout mis sur la pratique méditative. Cette lignée a été fondée au Tibet au Xième siècle par le traducteur Marpa, ayant reçu son enseignement de Naropa qui lui-même transmit ceux de sont Maître, le yogi indien Tilopa. Selon la tradition Kagyu, ce dernier reçut directement sa transmission par la révélation directe du Bouddha Vajradhara. Il existe plusieurs subdivisions procédant toutes des grands Maître anciens Marpa, Milarépa, Gampopa, et différent légèrement dans les instructions et méthodes d'approche, le choix des textes de base pour les transmissions. La manière de dire les choses est différente, mais le sens reste identique. L'autorité suprême de l'Ecole Kagyupa est représentée par le Karmapa, aujourd'hui le XVIIème Karmapa Orgyen Drodul Trinlé Dordjé.
Lignée Sakyapa
Atisha
Cette lignée spirituelle remonte à Atisha. A un moment donné, cette branche « réformée » exerça un pouvoir temporel dans le royaume. De toutes les branches des « Coiffes Rouges », car les trois lignées que nous venons de passer en revues sont dites Lignées des « Coiffes Rouges ». C'est la lignée la plus proche de l'Ecole des Guélougpas qui, elle est nommée la Lignée des « Coiffes Jaunes ».
Lignée Guélougpa
Sa Sainteté le 14ème Dalaï Lama
La lignée des Guélougpas (surnommé « les Vertueux ») remonte à Tsong Khapa (1357-1419) et avant lui Atisha. Tsong Khapa fut un réformateur qui donna sa forme actuelle à cette école. Elle encourage l'étude et la discipline monastique, et n'aborde les Tantras qu'à la fin d'un long programme d'études. Les Lamas de cette branche sont censés passer vingt années à étudier les matière scolastiques et les Soutras avant d'aborder les Tantras.
La plupart des Lamas Guélougpa sont des moines. Depuis 1640, les chefs spirituels et temporels du Tibet sont les Dalaï Lama de la lignée Guélougpa.
Le travail accompli par Tsong Khapa est important. Son plan de travail extrêmement vaste, embrassait la logique, les Prajnaparamitas, la Métaphysique du Mahayana (Maitrayanatha, Nagarjuna), la scolastique (Vasubandhu), la discipline monastique (Vinaya). Toutes ces connaissances ont constitué la base de la formation érudite des moines de l'ordre des Guélougpas. Il s'est également intéressé aux Tantras : le Kalacakratntra, le Guhyasamaja avec le commentaire de Naropa, le Cakrasamvara. A l'égard des Tantras, il manifesta le même souci de moralité qu'Atisha, estimant qu'ils ne peuvent être mis en pratique, seulement par des gens qui se sont engagés auparavant sur la voie vertueuse de la Bodhisattvacarya, la conduite de Bodhisattva.
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